ASGARD COSTUMES

01 mai 2020

Bon Beltaine !

beltaine

 

Beltaine se célèbre le 1er Mai. C’est une des quatre grandes fêtes celtiques du cycle annuel. Beltaine marque la fin de l’obscurité hivernale et le début de la saison lumineuse. Le nom même de la fête est lié étymologiquement au Dieu celtique Bélénos et à son épouse la Déesse Bélisama. Le nom de Bélénos se traduit par “le feu de Bel”, et celui de Bélisama par “la très brillante”. Dans la tradition d’Irlande, c’est à la date du 1er Mai pour Beltaine qu’arrivèrent les Dieux Tuatha-Dé-Dannan à l’île. Le Dieu Bélénos est un Dieu solaire et ouranien par excellence, il dispense lumière et santé. Le Dieu Bélénos possède parmi les autres traditions indo-européennes de claires correspondances: le Dieu Apollon dans la tradition grecque et le Dieu Balder dans la tradition germano-nordique. Il semble donc tout à fait logique qu’un tel Dieu de la lumière solaire soit célébré avec le retour des beaux jours.

 

Attesté par les sources historiques, le rite principal de la fête de Beltaine était la fumigation purificatoire des troupeaux et de leurs propriétaires. Les druides faisaient allumer de grands feux, et, après avoir prononcé les incantations rituelles, ils faisaient passer hommes et bêtes au milieu de ces feux dont la fumée était censée purifier et protéger pour le nouveau cycle à venir. Des sacrifices d’animaux avaient également lieu. Ce rite s’est maintenu en Irlande jusqu’au XXè siècle, avec les druides en moins bien-sûr, car tout ce qui est purement païen fut hélas interdit par les dogmes inquisitoires du christianisme. 

 

Jusqu’au XIXè siècle, il était également coutume de décorer pour Beltaine les entrées de maison avec des fleurs jaunes, fleurs qui dans ce cas sont une figuration du soleil et de son renouveau cyclique. De plus, il existait aussi la tradition de décorer le buisson de Mai, un buisson que l’on décorait avec des guirlandes, des fleurs du type solaire, ainsi que des coquillages peints. Cet aspect coloré et très vivant est une image de la joie et de la lumière qui reviennent avec cette fête cyclique. Par ailleurs, la cueillette de plantes médicinales et divinatoires tenait une importante place pendant Beltaine. Cet aspect est directement relié au dieu Bélénos et à son pouvoir de guérison et de clairvoyance. 

 

 

Les sources et les puits étaient eux aussi vénérés durant Beltaine. Le lien avec le symbolisme de l’eau comme élément de vie, de fécondité, d’abondance, et surtout purificateur est fondamental pendant cette période cyclique printanière. On faisait rituellement le tour du puits en prononçant les incantations nécessaires pour invoquer ces forces liées à la magie de l’eau. De plus, on tournait dans le sens de la marche apparente du soleil, d’Est en Ouest, ce qui est une autre invocation symbolique aux forces cycliques du soleil, de sa lumière et de sa chaleur. Les offrandes aux différents puits étaient nombreuses, élément rituel qui a survécu de nos jours avec les pièces de monnaie que l’on jette dans un puits afin qu’un souhait se réalise. La première eau que l’on recueillait durant Beltaine avait des vertus magiques puissantes. Le soir venu, les jeunes filles se lavaient le visage avec cette eau, afin d’entrer dans le nouveau cycle annuel de manière complètement purifiée. 

 

Une autre tradition issue de Beltaine a très bien survécu dans le folklore populaire des pays qui ont reçu des influences celtiques. C’est celle du mât de Mai, également connue comme le mât de cocagne. En Bavière par exemple, la tradition du mât de Mai est strictement respectée tous les ans. Rares sont les villages qui ne dressent pas leur mât. Mettre en place le mât donne lieu à tout un rituel festif abondamment arrosé de boissons plutôt sympathiques. Puis en pleine ambiance de fête et d’allégresse générale, on danse en rond autour du mât en se tenant par des rubans accrochés au sommet du mât. Le symbolisme de ce rite est plus qu’évident: il s’agit de la danse du soleil autour du phallus donneur de vie. La danse en rond est une image de la course du soleil dans ses différentes phases cycliques de l’année, tandis que le mât est une représentation du phallus en érection, des forces ouraniennes qui viennent féconder la Terre-Mère. Les objets accrochés à un cercle au sommet du mât de cocagne, ont eux aussi leur importance. Ils figurent la richesse et l’abondance apportées par les forces vives de la belle saison. La graisse avec laquelle on enduit le mât afin de rendre très difficile la grimpette jusqu’au sommet du mât pour décrocher les objets, rappelle que cette quête du bonheur ne se fait pas sans effort. 

 

De nos jours, il existe en Irlande (Limerick et Arklow) et en Écosse (Calton Hill – Edinburgh), des célébrations folkloriques de Beltaine, de véritables spectacles ouverts à tous les visiteurs, un “Beltaine Revival”. Ces shows ont avant tout un caractère culturel et même touristique, mais ils respectent cependant l’esprit ancien de Beltaine, un esprit de fête, de joies, d’ivresse et d’érotisme naturel. Cet érotisme n’est pas innocent, car il repose sur les rites à caractère sexuel liés au printemps. C’est le moment où les couples se font et se défont, les jeux érotiques de Beltaine débouchaient souvent sur des unions sexuelles. Cet amour charnel était un écho de l’union sacrée entre le grand Dieu fécondateur et la Déesse fécondée. Dans le folklore écossais, cette union sexuelle se traduit par le mariage entre le “Green Man” et la “Reine de Mai”, le Green Man (l’homme vert) étant le souvenir du Dieu Cernunnos et de son pouvoir de fécondation, tandis que la Reine de Mai incarne la Terre-Mère dans son aspect jeune et vierge. 

 

Bonne fête de Beltaine à tous !

 

 

 

Source : https://www.symbolespaiensetinscriptionsruniques.fr/rites-f%C3%AAtes/celte/1-mai-beltaine/

 

 

 

 

 

 

 

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21 avril 2020

La découverte inespérée du Mars

Le National Géographic raconte comment, deux frères passionnés d'archéologie ont découvert l'épave du Mars, le navire d'Erik XIV que l'on croyait définitivement perdu et comment grâce aux propriétés exceptionnelles de la mer Baltique leur découverte s'est avérée magifiquement conservée.

 

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Au milieu du XVIe siècle, le roi suédois Erik XIV (1560-1568), de la dynastie Vasa, se trouve plongé dans la guerre de Sept Ans opposant son pays à une coalition formée par le Danemark et la cité-État allemande de Lübeck. Alors que la Hanse teutonique – la ligue des villes marchandes de la région à l’époque médiévale – entame son déclin, ces trois puissances se disputent le contrôle des routes commerciales de la mer Baltique. 

Face à cet enjeu, Erik XIV ordonne de construire la machine de guerre ultime : le Mars. Baptisé en référence au dieu romain de la Guerre, il est le plus grand et le plus moderne des bateaux de guerre de son époque, avec près de 80 m de long – « dix pieds de plus que la cathédrale de Lübeck », écrit un contemporain impressionné –, 1 800 tonnes de déplacement et 120 canons répartis sur ses cinq ponts renforcés avec le meilleur bois de chêne de Suède. D’où son autre nom : le Makalös (l’« Incomparable »). Son équipage est composé de 350 marins et de 450 soldats. Lors de son achèvement en 1564, cette imposante forteresse navale, équipée de canons en bronze d’une taille qui, jusqu’à présent, n’a été utilisée que sur terre, semble destinée à révolutionner la conception des futures armées européennes. 

Très peu de temps après la mise à l’eau du Mars, le 30 mai 1564, la flotte suédoise et celle de la coalition du Danemark et de Lübeck s’affrontent près de l’île suédoise d’Öland. Lors du premier jour de combat, le Mars semble dominer la bataille. Gardant le dessus du vent, il manœuvre sans difficultés et repousse tout navire qui l’approche. Néanmoins, avec la tombée de la nuit, la flotte suédoise se disperse de manière inexpliquée et, à l’aube du 31 mai, seuls six navires restent en formation. La flotte ennemie investit alors tous ses efforts dans l’attaque du Mars, dont l’escorte est affaiblie. Elle concentre d’abord son feu sur le gouvernail, réussissant à priver le navire de toute possibilité de manœuvre, puis ses bateaux envoient des bombes incendiaires sur le pont. Enfin, 300 ennemis se lancent à son abordage. 

 

L'INCENDIE FATAL

Alors que le pont est en feu et qu’une masse d’hommes s’affrontent dans un corpsà-corps sanglant, un tir de canon ou un projectile incendiaire atteint un baril de poudre. L’explosion produit une réaction en chaîne qui fait voler en éclats la proue du Mars. À la tombée de la nuit, la fierté de la marine suédoise repose dans les profondeurs obscures de la Baltique. Elle y entraîne 600 membres d’équipage et des centaines d’assaillants ennemis. Seuls 100 naufragés en réchappent, dont l’amiral Jakob Bagge.

En Suède, peu sont surpris de la fin tragique du Mars : c’est un navire maudit. Le roi Erik, instable et arrogant, a ordonné de faire fondre les cloches des églises du pays pour équiper le navire de ses imposants canons en bronze. Indéniablement, un sacrilège grave aux yeux de Dieu et du peuple. 

Il semble que, 450 ans plus tard, le Mars soit en proie à une autre malédiction : son impossible localisation après sa disparition au fond de la mer. Depuis les années 1990, les frères Richard et Ingemar Lundgren, des plongeurs professionnels et passionnés d’archéologie sous- marine, ont découvert un grand nombre d’épaves dans la mer Baltique grâce à leur entreprise Global Underwater Explorers. Mais le légendaire Mars leur échappe.

Leur chance tourne enfin la nuit du 26 mai 2011, lorsqu’ils se trouvent à bord du bateau-laboratoire Princess Alice, à presque 30 km de l’île d’Öland. Le sonar du bateau commence à révéler sur le fond marin la présence de vestiges éparpillés à 75 m de profondeur. En suivant la piste, ils découvrent à 23h45 ce qui semble être la coque d’un grand navire en bois, incliné à tribord et entouré de planches détachées. L’euphorie éclate dans la salle d’opérations du Princess Alice. Richard Lundgren s’exclame : « On le tient ! » Mais il faut encore confirmer cette découverte, puisque la Baltique est un véritable cimetière à bateaux. 

 

VISIBILITÉ À DEUX MÈTRES

Les frères Lundgren et un collègue, Fredrik Skogh, se préparent à descendre les 75 m qui les séparent du Mars. Pour ce faire, ils doivent utiliser des équipements coûteux : des recycleurs à circuit fermé (CCR, ou Closed Circuit Rebreather) leur permettant de réaliser des immersions extrêmes, mais au prix de longs paliers de décompression à une température de 4 °C. La visibilité est de seulement 2 m, mais l’état de l’épave est optimal grâce aux propriétés chimiques des eaux de la Baltique, qui permettent aux bateaux de se conserver pendant des siècles. 

Alors qu’ils fouillent les vestiges, les plongeurs remarquent que la proue a disparu et que les bordages de la coque encore conservés présentent des traces de l’incendie qui s’est déchaîné à bord. Parmi les décombres, les plongeurs découvrent des armes, des coupes, des effets personnels ainsi que des ossements humains. Sur le fond sablonneux, un canon en bronze retient leur attention. En se rapprochant, ils découvrent le blason du roi Erik XIV, la preuve tant attendue qu’il s’agit bien du Mars. À ce moment-là, Richard Lundgren s’exclame dans son masque : « Nous avons atterri sur Mars ! » 

Le site a été photographié de manière exhaustive. L’équipe d’archéologues dirigée par Johann Rönnby, de l’université de Södertörn, a pris des milliers de clichés. La première vue intégrale de l’épave est offerte par le photographe polonais Tomasz Stachura qui, après 20 heures d’immersion et plus de 300 heures d’un travail rigoureux de numérisation, a combiné les 650 meilleures images pour créer une mosaïque de photos aidant les archéologues à réaliser des modèles en 3D complets de l’épave. 

En raison de la législation stricte de l’État suédois en matière de patrimoine sous-marin, l’équipe n’a pu remonter à la surface que quelques planches, trois des 120 canons et trois thalers (une ancienne monnaie allemande) en argent en si bon état de conservation que Richard Lundgren a déclaré : « Nous avons pu les étudier immédiatement sans les nettoyer. » L’intégralité des vestiges du navire a été photographiée et géoréférencée in situ. Il n’est pas exagéré d’affirmer que le Mars a été le navire le plus puissant de son temps ; c’est également le mieux étudié à ce jour. Son analyse minutieuse a révolutionné les techniques de documentation et d’immersion des épaves profondes dans toutes les mers du globe.

 

 

Source : https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2020/04/lepave-du-mars-retrouvee-intacte-apres-450-ans-dans-la-baltique

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17 avril 2020

Pourpoint 17eme

IMG_20200417_181559_1Un beau pourpoint 17eme que j'avais déjà réalisé avec d'autres boutons il y a quelques temps.

Il est en brocart doublé taffetas, les boutons sont anciens ( chinés je ne sais plus trop où ! ) J'ai ajouté une belle passementerie dorée.

 

 

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27 mars 2020

Confinée et... peinarde ! :p

Mon atelier

Mon atelier

 

 

 

C'est tout calme à la Cour des Arts ! J'en profite pour mettre à jour mes commandes et vous préparer de belles choses pour "après" !!!!

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Un article sur la peste noire sur 20 Minutes

Un article sur 20 minutes

Coronavirus : « Après la peste noire, la société médiévale n’a pas tiré les leçons de la crise », rappelle l’historienne Claude Gauvard

INTERVIEW 20 Minutes a interrogé l’historienne Claude Gauvard, grande spécialiste du Moyen-Age, sur les conséquences de l'épidémie de peste noire du 14e siècle


  • Au 14e siècle, la peste noire s’abat sur l’Europe et ravage la société médiévale.
  • L’épidémie décime entre un tiers et la moitié de la population mondiale.
  • 20 Minutes a interrogé l’historienne Claude Gauvard sur ce fléau, qui offre un éclairage sur l’épidémie de coronavirus qui touche le monde aujourd’hui.

Au 14e siècle, la peste noire s’abat sur l’Europe et ravage la société médiévale. En quelques mois, « la bête », comme on l’appelle alors, décime des villages entiers, tue des dizaines de millions de personnes, entre un tiers et la moitié de la population mondiale, selon les estimations. C’était il y a plus de 600 ans et pourtant, la « grande peste » offre un éclairage intéressant sur la pandémie de coronavirus, qui touche le monde actuel depuis plusieurs semaines.

« Nous ne sommes pas si différents des gens du Moyen-Age », assure l’historienne Claude Gauvard. 20 Minutes a interrogé cette grande spécialiste du la société médiévale, membre du Laboratoire de médiévistique occidentale de Paris.

Claude Gauvard en 2002

Le Covid-19 est apparu en Chine avant de toucher l’ensemble du globe. D’où vient la peste noire ? Comment s’est-elle propagée ?

Probablement d’Asie, mais il est difficile de connaître le pays d’origine. Certaines sources racontent que lors d’un siège de Caffa [port génois des bords de la Mer noire en Crimée], les Mongols lançaient des corps malades par-dessus les murailles pour atteindre les habitants, comme une arme de guerre biologique. On sait que la peste est importée en Occident par un navire génois, qui accoste notamment dans le port de Marseille en 1347.

La maladie se propage en Occident à une très grande vitesse, par les transports terrestres. La remontée s’effectue par le sillon rhodanien et se diffuse partout, dans l’Empire (actuelle Allemagne), les Pays-Bas actuels, mais aussi l’Angleterre. En un an, tout l’Occident est touché, sauf quelques régions montagneuses comme le Béarn.

A l’époque, il n’y a ni avions, ni voitures comme aujourd’hui… Comment expliquer cette propagation rapide ?

On imagine parfois à tort une population médiévale statique. Or tout le tissu économique se fait par les routes, les chemins, à travers les marchés, les foires. Il y a énormément de contacts. A la différence de nous, ils vivent les uns avec les autres, avec un sens plus élevé de la communauté, des liens familiaux. Quand ils sont malades, au lieu de mourir enfermés chez eux, ils retrouvent leurs proches.

Il y a l’exemple de cette marchande, la veuve Bouret, qui habite Trigny, en Champagne, et se rend compte qu’elle a attrapé la peste : « Sur le chemin, la bête m’a prise », dit-elle. Elle choisit alors de se rendre à Reims pour retrouver sa famille et mourir avec les siens, munie des sacrements. Au final, elle contamine sa mère et son fils, qui décèdent le même jour, « comme faisaient plusieurs de ladite ville ». Ces mouvements de population ont permis à l’épidémie de se propager.

Combien de morts a-t-elle causés ?

Il y a en fait deux formes de maladie : la peste bubonique [des ganglions se forment après les morsures de puces infectées], où quelques rémissions sont possibles, et une peste pulmonaire, qui se transmet par les postillons, qui est mortelle dans 100 % des cas. On estime qu’entre un tiers et la moitié de la population mondiale a péri. La première vague d’épidémie de la peste noire dure jusqu’à environ 1352, mais il y a ensuite de nombreuses résurgences de pestes, qui sont parfois très meurtrières, 

jusqu'en 1720 en France.

Comment les autorités réagissent-elles ? Un confinement est-il mis en place ?

Pas tout de suite. Les hautes sphères de la société, comme à Florence, peuvent s’isoler et s’en sortir, enfermées chez elles, mais tout le monde n’a pas la chance d’avoir des serviteurs pour aller chercher des provisions. Il faut attendre le 15e siècle pour que des villes ferment leurs portes et interdisent les étrangers. Car il y a aussi une forte xénophobie, une recherche de boucs émissaires : les juifs, les lépreux et tous ceux qui sont en marge de la société.

Les services hospitaliers sont aujourd’hui dépassés. Comment réagit le monde médical au 14e siècle ?

La peste surprend tout le monde, et on n’a pas notion de ce que sont une bactérie ou un virus. On ne sait pas que la maladie se transmet par les puces présentes sur les rats. Il y a par ailleurs très peu d'Hôtels-Dieu [établissements gérés par l’Eglise], qui accueillent malades et pèlerins. Ils sont débordés, avec déjà trois ou quatre malades par lits habituellement. La mortalité est alors énorme chez les soignants, les ordres mendiants, et aussi chez ceux qui enterrent les corps. On entasse les cadavres, des fosses communes sont creusées un peu partout.

Rat, illustration. Rat, illustration. - ARDEA/MARY EVANS/SIPA

La peur de la mort est-elle aussi présente qu’aujourd’hui ?

Oui, car la peste est perçue en Europe comme une condamnation de Dieu, au même titre qu’un tremblement de terre ou une comète. Dieu punit le monde de ses péchés. La société médiévale est fondée sur la tradition, les séparations entre riches et pauvres, hommes et femmes, jeunes et vieux. Mais la peste touche tout le monde. Le fils n’enterre plus forcément le père. Il y a un grand désarroi car le tissu social de différenciations est balayé et l’uniformité est perçue comme un désordre.

Pourtant le monde médiéval n’est-il pas plus habitué à la mort ?

La population médiévale est habituée aux famines, aux guerres, à certaines maladies, à disparaître à 40, 20 ans ou même avant, bien sûr. La "bête", c’est une autre angoisse. Il n'y a alors rien de pire que la mort subite, la male-mort, la mauvaise mort, en solitaire, sans pouvoir recevoir les rites funéraires nécessaires à la survie dans l'au-delà. Les gens sont surpris par la peste, qu’ils ne connaissent pas. La dernière remonte au 6e siècle. C’est un peu comme aujourd’hui : on banalise l’accident de voiture, pas la pandémie.

 

Quelles conséquences sur la société ?

On se dit qu’il faut répondre à la colère de Dieu, en purifiant les mœurs qui se seraient perverties. Cela signifie suivre davantage les préceptes divins, avoir une vie plus simple, réduire notamment les excès de table. Cela alimentera, je crois, l’idée de réformes politiques et religieuses, jusqu’à la Réforme [protestante en 1517]. Il y a cette idée de vengeance divine à laquelle il faut répondre.

 

Il y a quelques jours, Nicolas Hulot évoquait le coronavirus ainsi : « Je crois que nous recevons une sorte d’ultimatum de la nature », nous n’en sommes pas loin…

En effet. C’est ce que l’historien britannique Postan explique avec cette idée : « La nature châtie l’homme pour lui avoir trop demandé ». Il y a eu une telle expansion au 13e siècle, on a défriché à outrance, donc cela a entraîné des famines au début du siècle suivant. Les gens étaient affaiblis et ont subi la peste noire d’autant plus. Le remède pour les moralistes a donc été un retour à l’état de nature, plus équilibré.

Il y a une autre conséquence. Après la peste noire, on a copulé à outrance, dans un instinct de survie. On a fait beaucoup d’enfants pour en quelque sorte défendre l’espèce.

Quelles ont été les conséquences de toutes ces morts ? Aujourd’hui, beaucoup s’inquiètent notamment d’une baisse de l’activité économique…

A l’époque, le système de production s’est aussi arrêté. L’économie reposait alors essentiellement sur l’agriculture, et certains villages ont été presque entièrement décimés. Mais il est plus « facile » de reprendre un champ qu’une usine. Et à l’époque, n’oublions pas que tout citadin est éleveur et agriculteur, il a son petit cochon, ses poules, et peut subsister.

D’un point de vue politique, ces désorganisations ont, sur le long terme, renforcé l’Etat naissant de la royauté française. Avec le grand nombre de morts, l’emprise de ses institutions s’est mathématiquement accentuée sur la population restante. Enfin, on a appris à mourir seul. La place de l’individu s’est donc développée, à travers les arts notamment et l’apparition du portrait.

La peste noire de Tournai (1346-1353) -Enterrement des pestiférésLa peste noire de Tournai (1346-1353) -Enterrement des pestiférés - GOLDNER/SIPA

Pourquoi la peste est-elle restée dans les mémoires ? Quelle leçon peut-elle nous apporter sur la crise actuelle ?

Il faut imaginer le traumatisme des populations. Il n’y a pas eu de pandémie comparable dans l’histoire, c’est pour ça que la peste noire est restée dans la mémoire. L’historienne que je suis sait qu’à l’époque, après la peste noire, la société médiévale n’a pas tiré les leçons de la crise, que rien n’a vraiment changé. La crise a au contraire développé l’individualisme et exacerbé la xénophobie, le repli.

Certains piliers humains subsistent à travers les siècles et entraînent des réactions similaires. Car l’Homme du 21e siècle n’est pas si différent de celui du Moyen-Age. Il faut donc espérer que les conséquences de la crise actuelle soient plus positives.

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21 mars 2020

Le petit nouveau

IMG_8080Un beau pourpoint que je viens de terminer, en brocart bleu et or avec des boutons anciens et doublé lin bleu.

Si vous le voulez, il est dispo en taille L.

 

14 mars 2020

Et si on s'insultait en... médiéval !

Voici une liste non exhaustive de jurons médiévaux !

Si vous en connaissez d'autres, n'hésitez pas à m'insulter avec, je me ferais un plaisir de les ajouter ! :p

Baguenaud : Niais
Boursemolle : impuissant
Chapon maubec : poltron à langue de vipère
Chiabrena : chiure de m....
Coquebert : nigaud
Corne de bouc : juron
Couard : peureux
Coureuse de remparts : prostituée
Devergoigneuse : dévergondée
Foimenteor : juda
Fornicateur : Qui as des rapports sexuels hors du cadre prêché par le clergé (hors mariage ou sous une forme "déviée")
Fot-en-cul : sodomite
Gouge : vile catin
Grippeminaud : homme hypocrite
Houlier : débauché, pillard
Malcréant : mécréant
Malechevance : perversité
Malfé : diable
Malgaigne : brigandage
Malgreeur : blasphémateur
Malgripe : brigand
Malhardi : couard
Manant : Paysan, vilain (habitant d'un village)
Manenda : interjection affirmative
Malmesert : mauvais domestique
Malpensif, malsené : mal intentionné
Maltaillié : incapable
Malveuilleur, malivole, malivolent : qui veut du mal
Marcantier : (argot) personne qui fait chanter un passant en l'accusant de l'avoir volé
Margari : renégat
Maroufle : maraud
Menuaille : populace, canaille
Merdaille : merdeux, gens méprisables
Mordiable : juron  
Paillarde : fille rustre
Puterelle : jeune prostituée
Ribaude : fille de bas étage
Sottard : couillon
Truandaille : voyou
Ventre-Dieu : juron
Vilain: paysan
Vuiceuse : vicieuse

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13 mars 2020

Expressions médiévales

Toujours dans nos recherches pour le roman de chevalerie que doit écrire mon fils qui est en classe de 5eme, nous avons fait quelques recherches sur les expressions d'usage à l'époque médiévale. Celles-ci sont toujours pour la plupart usitées de nos jours.

A bride abattue
La «bride» est le «harnais placé à la tête du cheval et destiné à l’arrêter ou à le diriger, selon la volonté du conducteur». Une façon de laisser à la bête l’entière liberté de ses mouvements est naturellement de lui «laisser la bride sur le cou», symbole de parfaite non-directivité. On peut aussi «tourner bride» : faire un demi-tour complet, et généralement détaler dans le sens inverse.
À brule-pourpoint
sens : qui est soudain, pertinent et par surprise.
Au début des armes à poudre vers la fin du moyen age, il était courant que les artilleurs en portant à l’épaule leur canon à main, au moment de faire feu avec leur arme, abiment carrément leur pourpoint et y mettent feu, C’est ainsi que ces mésaventures d’arquebusiers nous ont valu la très brusque expression à brûle-pourpoint, qui veut dire à bout portant, pertinent et très soudain.
Aller à la danse de Macabré
sens : La pensée de la mort qui vient est omniprésente à l’époque médiévale. Particulièrement lors des épidémies de peste où on voit apparaitre des fresques représentant morts et vivants dans une danse macabre se tenant par la main de vie à trépas. Toutes les couches de la société y sont représentés car la mort fauche sans distinction.
«Un jour viendra notre tour d’aller à la danse de Macabré. Qui peut dire à quel moment la Mort viendra nous enlever dans son étreinte glacée? De quelle façon s’y prendra-t-elle, quel sera son bras, son agent? Vers quoi nous emportera-t-elle?»
Aller au diable Auvert
À l’époque médiévale sela signifiait s’engager dans une expédition dangereuse. Cette locution s’en tend particulièrement aujourd’hui dans le sens de aller chez le diable, partir en cavalle. Auvert est une corruption de Vauvert; on disait autrefois : Aller au diable Vauvert. Le V a été mangé dans la rapidité du discours.
Le château de Vauvert ou Val-Vert situé près de Paris, du côté de la barrière d’Enfer, avait été habité par Philippe-Auguste après son excommunication ; il passait depuis cette époque pour être hanté par des revenants et des démons. Saint Louis, pour désensorceler ce château, le donna aux Chartreux en 1257. Aller au diable Auvert prends donc tout son sens.
À la queu leu leu
Aujourd’hui l’expression signifie «l’un derrière l’autre».
Leu est la forme ancienne du mot loup (parfois lou). A la queue leu leu devrait donc se lire à la queue du loup le loup.
Au Moyen Age, les loups étaient très nombreux et se déplaçaient en bandes, souvent l’un derrière l’autre. Leur apparition était redoutée par la population.
A tour de rôle
À l’époque médiévale les édits étaient écrits sur des parchemins volumineux n’étant pas reliés mais roulés autour d’une tige de bois, d’où leur nom de volume (du verbe latin «volvo», je roule) ou leur nom de «rôle». Le «rôle» deviendra le registre sur lequel étaient inscrites dans l’ordre les affaires qui devaient passer devant un tribunal, chacune «à son tour de rôle».
Autant en emporte le vent
Rien ne restera, tout sera emporté. Ce proverbe mélancolique évoque l’aspect fugitif et dérisoire des choses humaines: amours, ambitions, désirs, tout est promis à disparaître, comme emporté par le vent. On trouve l’expression chez François Villon, qui en fait le refrain de l’une de ses Ballades. C’est aussi le titre français du célèbre film avec Clark Gable.
Avoir maille à partir
Avoir un différend, être en conflit, être en contestation avec quelqu’un.
La maille dont il est question ici est une monnaie, la plus petite qu’il existait sous les Capétiens alors que partir signifiait partager. On ne pouvait donc pas la partager. Ceux qui devaient le faire finissaient toujours par se disputer. Aujourd’hui, l’homonymie entre maille (monnaie) et maille (tricot) et partir (partager) et partir (s’éloigne, s’en aller) a permis à l’expression de subsister.
Avoir un nom à coucher dehors
À l’époque médiévale, les personnes étaient jugées et classés dans les auberges selon leur nom. Les aubergistes de ce temps se fiaient sur celui-ci pour accomoder ou nom les clients. Ainsi, ceux qui avaient des noms de famille nobles pouvaient avoir accès à des chambres dans l’auberge alors que d’autres ne pouvaient pas. Ainsi selon son nom on pouvait refuser une personne d’où est née l’expression «avoir un nom à coucher dehors».
Avoir plusieurs cordes à son arc
Expression du XIII
e siècle où l’on n’avait, à l’époque, que deux cordes à son arc. Le sens de l’expression est : avoir plusieurs types de ressources, divers moyens d’action pour parvenir au résultat.
Avoir voix au chapitre
Être consulté, avoir le droit d’exprimer une opinion.
Le chapitre est l’assemblée des moines ou des chanoines lorsqu’ils se réunissent pour discuter de leurs affaires. Les moinillons, les serviteurs n’avaient pas voix au chapitre.
Bachelier
Est le lycéen qui a réussi les épreuves du Baccalauréat. Déjà au Moyen Âge, le terme désignait l’étudiant titulaire du premier grade universitaire.
Au XI
e siècle, le bachelier était un jeune noble, chevalier ou écuyer, qui servait sous les ordres d’un seigneur plus âgé. Le jeune homme devait faire ses preuves afin d’héritier du fief paternel. Lorsqu’il ne possédait pas de fortune, il devait redoubler d’audace pour se trouver un protecteur ou un riche beau-père.
Battre sa coulpe
Battre sa coulpe signifie se repentir. Les pénitents manifestaient le remords qu’ils avaient de leurs fautes en se frappant la poitrine et en disant «mea culpa» car faute se dit culpa en latin.
C’est une autre paire de manche
sens : C’est une autre affaire.
Au Moyen Âge, les manches des vêtements n’étaient pas cousues de manière définitive, mais simplement ajustées au dernier moment. Les dames pouvaient, en signe d’attachement, remettre leur manche à leur chevalier qui l’arborait alors à sa lance ou à son écu lors des tournois.
Ce gage amoureux est devenu symbole d’engagement au point qu’on en ait oublié son origine aristocratique et galante.
Champion
A l’origine, un chevalier se battait en champ clos pour défendre une cause.
La justice du Moyen Âge admettait l’épreuve des armes. L’accusé pouvait provoquer en duel son accusateur : Dieu faisait triompher l’innocent. Lorsque l’accusé, malade, trop jeune ou trop vieux, n’était pas en mesure de se battre lui-même, ou si c’était une femme, il pouvait se faire représenter par un champion.
Chercher noise à quelqu’un
Quereller quelqu’un souvent pour peu de chose.
Noise signifiait jadis : querelle bruyante, dispute.
Aujourd’hui, le mot noise ne subsiste que dans cette expression.
Chevalier
A l’origine, les chevaliers n’étaient que de simples combattants, parfois mercenaires, assez forts ou assez riches pour avoir un cheval. Leur prestige était essentiellement militaire.
A partir du XI
e siècle, ces guerriers commencent à constituer une classe sociale, unie par une même manière de vivre. Pour éviter les guerres continuelles, les abus de pouvoir et canaliser la violence de ces combattants souvent frustes, l’Église met en place les règles strictes du code chevaleresque. Le chevalier, dont les armes ont été bénies, doit obéir à Dieu et à son devoir, protéger les faibles, aider son prochain…
Convoquer le ban ou l’arrière-ban, publier le ban
S’adresser à tous ceux dont on espère l’aide. A l’origine, le ban était une proclamation du seigneur, une défense ou un ordre. Le suzerain avait le droit de mobiliser, en cas de besoin, ses hommes mais aussi ceux de ses vassaux. Il convoquait alors le ban et l’arrière-ban. On publie encore le ban dans les église pour un mariage.
Une cotte mal taillée
Estimation approximative, compromis qui ne satisfait personne.
La cotte (qui s’écrivit longtemps cote) était au Moyen Âge une tunique qui, si elle était mal taillée, ne convenait à personne.
La cote est un impôt de la fin du Moyen Âge. Lorsqu’elle était taillée, elle signifiait établie, répartie entre les contribuables.
Un coup de Jarnac
Sens : Traîtrise, coup bas inattendu.
Lors d’un duel entre Guy Chabot, comte de Jarnac, et François de Vivonne favori du roi Henri II, Jarnac entailla inopinément et traîtreusement le jarret de son adversaire. Le roi pardonna au comte, car celui-ci avait tout de même préservé la vie de Vivonne. Ce dernier, rageur et honteux, arracha les bandages protégeant sa blessure et en mourut trois jours plus tard.
La Cour des Miracles
La Cour des Miracles était située dans le quartier des Halles à Paris. Ce n’est que sous Louis XIV que la police en viendra à bout. Repaire des brigands, des faux estropiés qui mendiaient dans les rues, elle doit son nom à la magie qui le soir faisait retrouver aux infirmes l’usage de leurs membres.
Courtois
Les chevaliers du Moyen Âge l’étaient ; aimables, polis, raffinés dans leur parure et leur langage et aussi leurs sentiments. Ils considéraient leur dame comme une maîtresse toute-puissante dont les désirs étaient des ordres. Pour lui plaire, ils surmontaient toutes sortes d’épreuves, physiques et morales, dont la patience n’était pas la moindre.
A l’origine, courtois signifie qui vit à la cour.
Crier haro sur quelqu’un
Crier haro sur quelqu’un signifie manifester énergiquement sa réprobation, l’accuser et réclamer un châtiment pour la personne en question. «Haro! Haro!» était le cri que l’on entendait lorsqu’un badaud se faisait couper sa bourse ou un chevalier arracher son manteau.
Croquer marmot
Sens moderne : Attendre, faire le poireau en se morfondant.
Sens ancien : Croquer voulait dire «frapper». Et croquer le marmot signifiait cogner avec impatience le heurtoir de la porte. Alors cela n’a rien à voir avec un Ogre qui voudrait manger un petit enfant (croquer un marmot) où une marmotte qui serait fort difficile à croquer je l’avoue
Dans son for intérieur
Le forum désignait la place publique. Au Moyen Âge, le mot pris le sens technique de juridiction et surtout juridiction ecclésiastique (pouvoirs de l’Église, en matière de justice, et leur étendue.) On distinguait le for intérieur (l’Église pouvait sanctionner les fautes commises par le biais de la confession et des pénitences), du for extérieur (toutes les affaires touchant à la religion, de près ou de loin, étaient jugées par des tribunaux ecclésiastiques). La distinction changea peu à peu de sens avec les siècles : for intérieur étant notre conscience qui nous juge, le for extérieur, les institutions, juges et tribunaux.
De bon aloi
Sens moderne : de bonne qualité.
Sens ancien : Une pièce d’or ou d’argent devait être de bon « aloi ». Ce mot provient en fait du verbe « aloyer », forme ancienne du verbe « allier » : l’aloi est donc l’alliage d’une pièce, c’est à dire la proportion de métal précieux qu’on y retrouve. À l’époque médiévale chaque seigneur pouvait frapper monnaie et pour s’assurer qu’une pièce était « de bon aloi », on pouvait la faire « sonner » sur une surface dure : le son rendu permettait au banquier de distinguer une fausse pièce d’une vraie. Mais beaucoup plus sûr était l’usage du « trébuchet », petite balance de précision pour peser les monnaies. D’où l’expression « espèces sonnantes et trébuchantes ».
Decouvrir le pot aux roses
Sens : découvrir le fin mot de l’histoire, le secret, la réalité cachée.
Expression très ancienne dont on ne connaît pas la véritable histoire.
Soit pot à fard à joues : Le trouver suppose qu’on connaisse bien la femme qui le possède et qu’elle n’ait plus de secret à cacher.
Soit essence de rose – produit rare et précieux dont les parfumeurs auraient soigneusement dissimulé les procédés de fabrication. Le pot aux roses serait l’appareil permettant de distiller ce parfum de luxe.
Soit une poudre produite par les alchimistes au cours de l’une de leurs opérations. Ici, le pot aux roses serait la cornue alchimique, objet bien caché s’il en fut.
Une denrée
Sens moderne : Produit commestible servant à l’alimentation commestible de l’homme ou du bétail. On retrouve habituellement ce mot dans les expressions denrée périssable, denrée sèche, denrée rare.
Sens médiéval : Au XIII
e siècle cela servait à désigner une marchandise de la valeur d’un denier, principalement une mesure de pain qui sous St-Louis prenait le nom de denrée. À cette époque on retrouvait dans les grosseurs de pain :

Il n’est fait aucune mention du poids des pains à cette époque, parce qu’on se basait, à ce sujet, sur le prix du blé qui faisait forcément varier la grosseur des pains. Le pain doubleau devait être vendu pour le prix de six deniers les trois; le pain denrée devait être vendu six deniers les six. Quant au pain demi il était vendu pour le prix d’une obole.

D’estoc et de taille
Sens : De la pointe (estoc) ou du tranchant (taille ou taillant), c’est-à-dire en se battant.
Frapper d’estoc et de taille signifiait donc se battre avec acharnement, en portant tous les coups possibles. En moyen français, l’expression fut utilisée de manière imagée, parfois en dehors de tout contexte belliqueux, pour dire de quelque manière que ce soit, par tous les moyens.
Dieu reconnaîtra les siens
Lors de la croisade contre les cathares, des hérétiques du sud de la France, le légat du pape Arnaud Amaury se présente devant Béziers le 22 juillet 1209., L’assaut est donné par l’armée. La ville tombe et Arnaud Amaury commande à ses hommes, qui ne savaient comment reconnaître les bons chrétiens des hérétiques : «Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens !»
Mot historique devenu proverbe, on l’emploie chaque fois qu’un châtiment frappe indifféremment innocents et coupables.
Élevé sur le pavois
Sens : mettre sur le trône, désigner comme roi et au sens figuré, mettre en honneur, faire grand cas de quelque chose.
Allusion aux Francs qui avaient coutume, après avoir choisi leurs rois, de les porter en triomphe sur de larges boucliers, appelés pavois.
Pavois vient de Pavie, en Italie, ville où auraient été fabriqués les premiers de ces boucliers.
Entrer en lice
Sens : s’apprêter à combattre, s’engager dans une compétition, intervenir dans un débat.
Les lices étaient les espaces clos où avaient lieu les tournois à proximité des châteaux. La cour intérieure de ceux-ci était souvent exiguë et toujours encombrée de petits bâtiments: écuries, chenil, four, puits…
Espèces sonnantes et trébuchantes
Au Moyen Âge, l’aloi était la proportion d’or ou d’argent contenue dans une pièce de monnaie. Aujourd’hui, de bon ou de mauvais aloi signifie de bonne ou de mauvaise qualité.
Lorsqu’elles sonnaient, elles étaient de bon aloi car elles rendaient un son vif et plaisant; trébuchantes, parce qu’on pouvait en vérifier le poids à l’aide d’une petite balance encore appelée trébuchet.
Être grand clerc
Sens : être très savant, lettré.
Les membres du clergé étaient les seuls, ou presque, à posséder le savoir. Ils consultaient les manuscrits conservés dans les monastères. Les écoles se trouvaient dans les abbayes et pour s’instruire, il fallait bien souvent entrer dans les ordres.
Beaucoup de clercs se mariaient et n’entretenaient avec l’Église que des rapports lointains. Ils portaient la tonsure, signe de leur état.
Au XVII
e siècle, le mot clerc se teinte d’ironie, et l’expression être grand clerc signifie : un homme qui fait le savant.
Être sur la sellette
Sens : être exposé au jugement d’autrui, à la critique ou se trouver en position délicate.
La sellette était le petit banc de bois sur lequel s’asseyait l’accusé interrogé par ses juges. Le siège était très bas pour des raisons psychologiques et symboliques. L’accusé se trouvait dans une posture tout à la fois inconfortable et humiliante.
Faire amende honorable
Sens : présenter ses excuses, reconnaître qu’on a eu tort.
Au Moyen Âge, à l’époque où peu de gens savaient écrire tout entente se joue sur la parole donnée, sur l’honneur engagé, bref la réputation. Ainsi celui qui commet un crime, manque à sa parole envers son Dieu, son pays, son roi, doit rétablir son honneur en tout premier lieu en amendant celle-ci. Amende honorable prends donc sens de laver son nom en avouant la vérité et demandant pardon à tous. Une faute avouée étant à moitié pardonnée, l’amende honorable pouvait être accompagnée de châtiments publics afin qu’ils servent d’exemples. Les hérétiques ou ceux qui étaient accusés de sorcellerie, étaient condamnés à reconnaître solennellement leurs fautes «faire amende honorable» avant d’être brulé vif. Avec le temps laver son honneur devint moins à la mode et on ne conserva que l’amende moins honorable, c’est à dire celle en $$$.
Faire bonne chière
Sens : bien manger.
En ancien français, chière désignait le visage. Faire bonne chière devenait donc faire bonne mine à quelqu’un, l’accueillir aimablement.
Faire des gorges chaudes
Sens : se moquer méchamment, avec joie et devant beaucoup de gens.
Au Moyen Âge, les gorges chaudes étaient les petits animaux (souris, mulots) que l’on donnait vivants à l’oiseau de proie.
Faire grève
Sens : Cesser volontairement le travail pour obtenir des avantages.
A Paris, les ouvriers sans travail se réunissaient sur la place de Grève, le long de la Seine et attendaient une éventuelle offre d’embauche.
Faire la nique à
Sens : se moquer de quelqu’un, le narguer.
Au Moyen Âge, nique indiquait un signe de mépris qui consistait à lever le nez en l’air avec impertinence.
S’en fouter comme en l’an quarante
Sens : Considérer une chose ou un événement comme sans importance et en sourire.
Cette expression tire probablement son origine d’une expression utilisée depuis les Croisades : «S’en moquer comme de l’Alcoran (le Coran)». Autre explication, la fin du monde aurait été prévue pour l’an 1040. Cette date fatale passée, les gens ne firent qu’en rire et se moquèrent de leurs anciennes angoisses.
Faire le Jacques
Sens : se conduire stupidement, faire l’idiot.
Jacques était le nom donné à l’idiot du village et Jacques Bonhomme, celui du paysan, considéré traditionnellement comme lourd et nigaud. L’expression fait donc aussi allusion à la prétendue bêtise des paysans.
Faire Ripaille
Sens : faire bonne chère, mener joyeuse vie.
Avant de devenir pape en 1439, le duc de Savoie Amédée VIII s’était retiré au prieuré de Ripaille pour se faire ermite. Lui et ceux des seigneurs de sa cour qui l’avaient suivi n’avaient d’ermite que le nom, car ils négligèrent complètement, pendant tout le temps de leur résidence, de se livrer aux austérités du cloître. Tous ceux qui étaient admis dans ce séjour de plaisirs, disent les biographes, étaient logés avec magnificence ; les mets les plus exquis couvraient leur table : ils vivaient plus en honnêtes épicuriens qu’en véritables ermites. Ils portaient néanmoins ce nom, parce qu’ils avaient exclu les femmes de leur société et qu’ils laissaient croître leur barbe comme les capucins. Leur habit était moins rude que celui de ces religieux ; c’était un drap gris très-fin, un bonnet d’écarlate, une ceinture d’or et une croix au cou de la même matière. Amédée jouissait d’un repos voluptueux dans cette maison de délices et de mets princiers faisant ainsi bombance et bonne ripaille.
Gagner ses éperons
Sens : obtenir une situation plus élevée, prendre du galon.
Lors de son adoubement, le nouveau chevalier recevait les armes, signes de son état : l’épée et les éperons symboles de son rôle de guide et de chef. Cette expression sera revamper avec le temps et on dira comme dans la chanson il a gagné ses épaulettes.
Garnement
A l’origine, garnement signifie tout ce qui peut offrir une protection : vêtement, équipement et même forteresse. A la fin du Moyen Age, le mot évolue dans le sens de souteneur. Aujourd’hui, de mauvais garçon, le garnement désigne maintenant un enfant, un adolescent. On connait surtout l’expression dans méchant garnement.
Graisser la patte
Sens : donner illégalement de l’argent à quelqu’un pour obtenir quelque chose.
Un gringalet
Sens : homme ou garçon un peu chétif.
Ce mot viendrait d’un vieux mot suisse signifiant «minus, demi-portion».
Jeter aux oubliettes
Les oubliettes étaient les cachots souvent aménagés dans le sous-sol des donjons. Les seigneurs peu scrupuleux oubliaient parfois ceux dont ils voulaient se débarrasser.
Aujourd’hui, on jette aux oubliettes les projets de réformes ou les bonnes résolutions qui ne voient jamais le jour.
Jeter le gant
Au Moyen Âge, le gant avait une forte valeur symbolique. Il représentait le seigneur lui-même et son pouvoir. Le vassal remettait en signe d’hommage son gant droit à son suzerain. Un chevalier qui en défiait un autre au combat lui jetait son gant. Le relever signifiait que l’on acceptait de se battre. Aujourd’hui, l’expression signifie lancer, accepter un défi.
Jugement de Dieu
Au Moyen-Age, quand les lois n’étaient pas toujours claires, les juges pas toujours intègres et les moyens d’exécution pas toujours efficaces, on s’en remettait souvent au «Jugement de Dieu».
L’accusé pouvait, par exemple être tenu de tremper la main dans l’huile bouillante en jurant qu’il était innocent, tout en devant la ressortir intacte. Ou encore, les parties pouvaient régler leur différend dans un combat à la lance ou en chevalerie. Dieu alors était supposé prendre fait et cause pour la justice et faire triompher celui qui avait raison.
Jurer comme un templier
Sacrer comme un charrettier ou comme un templier.
L’ordre des Templiers fut fondé au XII
e
siècle pour assurer la garde des lieux saints et la protection des pèlerins. Les chevaliers du Temple étaient des moines-soldats. Néanmoins, les mœurs militaires semblent l’avoir emporté sur les vertus monastiques.
L’ordre des Templiers devint aux XIII
e et XlVe siècles si riche et si puissant qu’il suscita bien des jalousies. En particulier celle du roi Philippe le Bel, qui fit abolir et disperser l’ordre.
Laid comme les sept péchés capitaux
Les sept péchés capitaux sont l’orgueil, l’avarice, l’envie, la gourmandise, la luxure, la colère et la paresse ainsi nommés parce que sources de tous les autres péchés. Ils étaient souvent représentés par des figures contrefaites sur les murs des cathédrales.
L’habit ne fait pas le moine
Un des plus anciens proverbes de la langue française.
Sens : il ne faut pas se fier aux apparences qui sont souvent trompeuses.
Les gens du Moyen Âge avaient horreur du mensonge et de l’hypocrisie. Chacun devait avoir l’air de ce qu’il était vraiment. Les costumes indiquaient de façon précise le rang social de chacun. Les femmes ne pouvaient porter des vêtements d’homme, vice et versa.
Les loups-garous
Présents déjà dans l’Antiquité, (voir Pétrone et son Satiricon), la croyance arriva jusqu’au Moyen Âge et se répandit d’autant plus que les loups devinrent très nombreux. Les versipelles prirent le nom de loups-garous, garou signifiant à lui seul homme-loup. Il apparaît dans de nombreux contes modernes, signataire d’un pacte avec le diable, et profitant de l’impunité que lui assure son apparence animale pour assouvir ses mauvais instincts.
Malin comme un singe
Au Moyen Âge, malin signifiait «mauvais, méchant», c’était, comme aujourd’hui encore, un des noms du diable. Le singe que l’on trouvait très laid passait pour un animal diabolique. Vers la fin du XVIIIe siècle, l’adjectif malin prit le sens que nous lui connaissons : astucieux, futé, réhabilitant ainsi les pauvres singes.
Un méchant garnement
A l’origine, garnement signifie tout ce qui peut offrir une protection : vêtement, équipement et même forteresse. A la fin du Moyen Âge, le mot évolue dans le sens de souteneur. Aujourd’hui, de mauvais garçon, le garnement désigne maintenant un enfant, un adolescent.
Merci
Au Moyen Âge, merci signifiait «grâce, pitié» de là les expressions :
Crier, demander merci – le chevalier vaincu reconnaissait sa défaite et implorait la pitié du vainqueur.
Être à la merci de: être au pouvoir de quelqu’un de telle manière qu’il soit libre de vous accorder sa grâce ou de vous la refuser.
Dieu merci! : par la grâce, la faveur de Dieu.
Sans merci : impitoyable (littéralement : sans que l’un des partis en présence puisse demander merci).
Mettre Flamberge au vent
Invitation ironique à tirer l’épée et à se jeter dans la bataille sans réfléchir. À l’époque des chansons de geste, il y avait quatre vaillants chevaliers : les Quatre Fils Aymon. L’aîné des quatre frères s’appelait Renaud de Montauban. Il possédait une épée prestigieuse, Froberge, aussi redoutable que Durandal, celle de Roland. Au cours des siècles, le nom de Froberge devint un nom commun et s’altéra en flamberge, sans doute sous l’influence des mots flamme, flamboyer, etc. L’expression n’est plus utilisée aujourd’hui qu’ironiquement principalement pour se moquer des démonstrations spectaculaires d’héroïsme.
Mettre la table
Expression quotidienne qui nous est familière mais incorrecte. Il faudrait dire «mettre le couvert», puisque nos tables ne voyagent plus dans la maison. Au Moyen Âge, les pièces n’avaient pas, comme aujourd’hui, des fonctions très distinctes et la même salle pouvait servir de pièce commune, de salle à manger et de chambre. Aussi, le plus souvent, on  » mettait la table  » à l’heure des repas, c’est-à-dire que l’on apportait une grande planche et des tréteaux. D’où l’usage, chez les seigneurs, de belles nappes destinées à cacher la pauvreté du mobilier.
Mettre en rang d’Oignon
Sens : plusieurs personnes qui sont rangées sur une même ligne.
Rien à voir avec le jardinage et avec les plants d’oignons soigneusement rangés ! L’expression vient en fait d’un grand maître de cérémonies à la cour de Henri II de Valois, Artus de la Fontaine Solaro, baron d’Oignon et seigneur de Vaumoise, qui assignait leurs places aux seigneurs. Il avait coutume de s’écrier : «serrez vos rangs, Messieurs, serrez vos rangs»… et les seigneurs de se moquer des rangs d’Oignon.
Mettre sa main au feu
Affirmer énergiquement quelque chose, au point d’y risquer sa main rappelant les lointains jugements de Dieu de l’époque médiévale. Lorsqu’un accusé ne pouvait faire la preuve de son innocence, il pouvait être plongé dans l’eau, pieds et poings liés. S’il surnageait, c’était que l’eau – élément pur et béni de Dieu – le rejetait. S’il coulait comme une pierre, il était innocent… mais parfois noyé! On pouvait également lui plonger la main dans l’eau bouillante, ou le faire saisir un fer rouge. Innocent, Dieu le protégeait et il sortait indemne de l’épreuve. Le plus souvent, il suffisait que la victime guérisse vite ou survive quelques jours pour qu’elle soit – un peu tard! – innocentée.
Mi-figue mi-raisin
D’un air à la fois satisfait et mécontent ou à la fois sérieux et plaisant. A l’origine, il devait s’agir de « mêlé de bon et de mauvais ».
Monter sur ses grands chevaux
Se mettre en colère et parler avec autorité, prétention. C’et être prêt à se faire faire raison avec l’épée et la lance.
Ne pas y aller de mainmorte
Sens moderne : agir avec brutalité, (sens abstrait) exagérer
Le terme «main» avait à l’époque médiévale le sens de propriété. On connaît bien le sens des expressions «passer de main à main», «mettre la main sur …». Il y a mainmorte, lorsqu’il y a décès. À l’époque médiévale le seigneur jouissait du droit de s’emparer de la succession d’un serf à sa mort. Généralement, le seigneur prenait une partie de l’héritage et renonçait au reste moyennant le versement du droit de mainmorte par les héritiers. Il s’agissait notamment d’empêcher les biens de revenir à des héritiers extérieurs à la seigneurie. Lors du décès des serf probablement que les seigneurs exagéraient sur les droits de succession d’où l’expression que l’on connait aujourd’hui.
Noël
Au Moyen Âge, «Noël !, Noël !» était un cri de réjouissance proclamé par le peuple à n’importe quel moment de l’année, pour saluer un événement heureux. Le cri Noël ! Noël pouvait donc être entendu lors du couronnement d’un roi, une naissance, un mariage etc.
Obole (faire l’)
Sens moderne : Aujourd’hui «faire l’obole» a le sens de faire une petite offrande, donner une modeste somme d’argent.
Sens médiéval : L’obole est en fait une ancienne monaie francaise du XIII
e sciècle qui vallait un demi denier. Comme l’obole était le prix pour une ration de pain (demi denrée), on avait pris l’habitude chez les gueux pour demander la charité, de demander l’obole, bref on demandait de quoi se payer sa ration de pain quotidien.
Partir en croisade
Le Moyen Âge a vu de nombreuses croisades, les départs furent presque ininterrompus pendant plus de deux siècles. Une foule immense, composées de chevaliers et d’hommes de guerre, d’artisans, de paysans, de moines et de pèlerins de toutes conditions se mirent en route, poussées par la foi et l’enthousiasme. Parfois aussi par l’attrait du pillage! Aujourd’hui, ceux qui partent en croisade n’ont plus à parcourir des milliers de kilomètres. Mais il leur faut souvent beaucoup de courage pour se lancer dans des luttes difficiles en faveur de causes justes. Les journaux parlent ainsi souvent, d’une manière à peine imagée, de croisades contre la drogue ou contre la misère.
Payer en monaie de singe
Jadis, le pont qui relie l’île de la Cité à la rue Saint-Jacques, dit Petit Pont (il porte encore ce nom aujourd’hui), était payant. Mais les jongleurs qui exhibaient des singes savants étaient dispensés du péage à condition qu’ils fassent leur numéro devant le péager. Aujourd’hui, payer en monnaie de singe (on dit aussi payer en gambades) signifie payer en plaisanteries et grimaces, payer de paroles, voire en fausse monnaie. La réputation du singe, habile imitateur de l’homme, n’est sans doute pas étrangère à ce dernier sens.
Pays de cocagne
L’ordinaire des repas au Moyen Âge se compose souvent de pain, de légumes. Même le porc reste un luxe réservé aux grandes occasions. Seuls les seigneurs et les bourgeois goûtent aux viandes rôties, aux plats en sauce richement épicés, aux sucreries. Le pays dénommé Cocagne était celui où chacun aurait eu de tout en abondance.
Pile ou face
Sous le règne de Saint-Louis, on comptait encore dans le royaume plus de quatre-vingts seigneurs particuliers qui avaient le droit de battre monnaie. Mais il n’y avait que le roi qui eut le droit de faire frapper des pièces d’or ou d’argent. Sur l’une des faces de la monnaie royale, il y avait une croix, et sur l’autre, des piliers, ce qui a fait que, longtemps, les côtés des monnaies se sont nommées croix ou pile. Par la suite, les rois français décidèrent de faire figurer leur propre face à la place de la croix, et leurs armes et la valeur de la pièce de l’autre. Mais le mot pile est resté pour un côté et face pour l’autre.
Pleuvoir des hallebardes
L’expression, à défaut d’eau, a fait couler beaucoup d’encre! On croyait jadis que la forme et la trajectoire de grosses gouttes de pluie avaient pu évoquer ces longues armes de la fin du Moyen Âge que sont les hallebardes. Il existe cependant une autre piste, plus savante. Au XVIe siècle, en argot, le mot «lance» désignait l’eau. De la lance à la hallebarde, il n’y avait qu’un pas qui fut peut-être franchi, un jour de pluie, par un pertuisanier facétieux.
Une poire d’Angoisse
L’objet était à l’origine une poire de fer que l’on introduisait dans la bouche d’un prisonnier pour l’empêcher de parler. Mais cette sorte de bâillon, qui maintenait très écartées les mâchoires de la victime, était en fait un véritable instrument de torture et les malheureux étaient donc forcés d’obéir s’ils voulaient être délivrés et ne pas mourir de faim. De nos jours, heureusement, les poires d’angoisse ne sont plus utilisées que sous la forme d’image pour désigner de vives contrariétés.
La pomme d’Adam
Adam ne put résister à la tentation et mordit goulûment dans le fruit de l’Arbre du Bien et du Mal. Un morceau lui en resta en travers du gosier, et l’on peut encore le voir aujourd’hui chez tous ses descendants : c’est la pomme d’Adam, appelée de nos jours saillie du cartilage thyroïde.
Pousser des cris de Mélusine
Mélusine, comme toutes les fées, était d’une rare beauté, mais avait été condamnée, à la suite d’une terrible malédiction, à se transformer en serpente tous les samedis. Elle voulut néanmoins vivre la vie et les bonheurs d’une simple mortelle et pour cela offrit sa main à Raimondin, un jeune chevalier du Poitou. A ce mariage, la fée ne posa qu’une condition: jamais son époux ne chercherait à la voir le samedi. Raimondin consentit à tout et le mariage fut célébré. Très vite, Mélusine apporta à son mari une immense prospérité, elle fit construire de superbes châteaux et lui donna dix fils. Tout allait pour le mieux entre les époux, bien qu’après de nombreuses années l’inévitable se fût produit. Poussé par la curiosité, Raimondin avait épié sa femme et surpris son secret. Mais il avait gardé le silence et Mélusine feignait d’ignorer son indiscrétion. Or, un jour, un des fils de Mélusine et de Raimondin, Fromont, voulut devenir moine. Cette décision rendit furieux son frère Geoffroi à la Grande Dent (ainsi nommé car l’une de ses dents était démesurée, le faisant ressembler à un sanglier). Il mit le feu au monastère, faisant ainsi périr Fromont et de très nombreux moines. La douleur de Raimondin n’eut d’égale que sa colère. Quand Mélusine apparut dans la grande salle du donjon, en larmes, devant tous leurs vassaux, il la traita de sale serpente, de qui rien ne pouvait sortir que de mauvais. L’interdit était violé. Dans la consternation générale, la fée reprit aussitôt sa forme surnaturelle et disparut en poussant des cris lamentables. Elle ne revint jamais. Mais à Lusignan, dans le Poitou, on raconte qu’à chaque fois qu’un malheur allait frapper sa famille, Mélusine l’annonçait par ses cris. Des cris de Mélusine sont donc des cris perçants, semblables à ceux que pousse la fée quand elle revient hanter son château.
Prendre des vessies pour des lanternes
Quoique de forme voisine, une lanterne et une vessie sont néanmoins des objets fort différents et les confondre est depuis longtemps considéré comme la pire des méprises. (Les vessies dont il est question ici sont des vessies de porc: gonflées d’air, elles pouvaient servir de ballons ou bien, vides, de sacs étanches.) L’expression est ancienne, puisqu’on la trouve dès le XIIIe siècle. Il s’agissait d’un calembour : en ancien français, vessie et lanterne avaient à peu près le même sens figuré : une lanterne était un conte à dormir debout et une vessie une chose creuse, une bagatelle. La sottise de celui qui prend des vessies pour des lanternes n’est donc pas de confondre deux objets très différents, mais d’accepter une ânerie plutôt qu’une autre !
Promettre monts et merveilles
Faire des promesses mirifiques. Au cours du temps, on a dit aussi promettre la lune, chiens et oiseaux, plus de beurre que de pain… L’origine de cette expression n’est pas anecdotique. Aucun conquérant n’a jamais promis à ses troupes de merveilleux royaumes au-delà des monts. Comme le fit le général carthaginois Hannibal, qui fit espérer à ses soldats, du haut des Alpes, la possession de Rome. On disait, au Moyen Âge, de quelqu’un qui promettait monts et merveilles, qu’il promettait les monts et les vaux (c’est-à-dire les vallées). Dans la suite des temps, par un goût pour la répétition, typique de l’ancien français, l’image a été oubliée et les merveilles ont pris la place des vaux, renforçant ainsi le sens du mot mont, au lieu de le compléter comme précédemment. L’ancien français adorait ces couples de mots, de sonorités voisines et de sens proches. Curieusement, beaucoup nous sont parvenus: bel et bien, sain et sauf, sans foi ni loi, sans feu ni lieu, tout feu tout flamme…
Prud’hommes et prudes
De nos jours, le prud’homme est membre d’un tribunal constitué de représentants des salariés et des employeurs et chargé de régler les conflits du travail. Le mot avait jadis une signification bien plus large. Un prud’homme était un homme preux, c’est-à-dire plein de valeur. Mais cette valeur n’était pas seulement militaire. Un ermite pieux, un bourgeois honnête et avisé, un vieux et sage chevalier étaient des prud’hommes. Un chevalier courageux mais écervelé ne méritait pas ce titre. L’équivalent féminin du prud’homme était la prudefemme.
Qui va à la chasse perd sa place
La «chasse» est un point particulier du jeu de paume. Lorsque cette chasse est obtenue les joueurs changent de côté. Le joueur au service… «perd sa place» favorable. L’origine de cette expression ayant été oubliée, elle a pris par la suite le sens qu’on lui connait.
Renard
Au début du Moyen Âge, le petit animal roux que nous connaissons sous le nom de renard s’appelait encore goupil, du latin vulpes.
Or vers 1170 – 1180, commencèrent à paraître des récits racontant les aventures d’un certain Renart, goupil de son état. Ce Renart était un petit baron, sujet du roi Noble, le lion, et parent du loup Ysengrin. Chétif et menu, il compensait sa faiblesse physique par une ruse quasi démoniaque. Il n’y avait pas d’animal qui n’eût à se plaindre de lui! Le roi lui-même était sa victime, mais son souffre-douleur favori restait le gros et fort Ysengrin.
Une fois, Renart exigea sa peau pour réchauffer le roi malade. Une autre fois, il le fit pêcher dans un étang gelé où le pauvre loup laissa sa queue. Une autre fois encore, il le fit tomber dans un puits. Bref, il le trompait, l’humiliait de toutes les manières. Et Renart, comme nos héros modernes, sortait toujours vivant des situations les plus délicates.
Le succès du Roman de Renart fut immense. Du XVe siècle à la fin du Moyen Âge, chacun se délecta des méchants tours du goupil. Les paysans se racontaient ses aventures à la veillée et retrouvaient avec plaisir dans ces récits leur vie quotidienne. Les seigneurs écoutaient les mêmes contes de la bouche des jongleurs qui allaient de château en château. Et les plus savants, les clercs, lisaient eux-mêmes dans les manuscrits les mille et un tours de Renart.
La popularité du personnage fut telle que petit à petit tous les goupils furent appelés Renart (mot que nous écrivons aujourd’hui avec un «d»).
Rester sur le carreau
Le sol d’un jeu de paume était autrefois constitué de carreaux, qui auraient donné le nom au sol même du jeu. L’expression « rester sur le carreau » est devenue symbole de la chute de l’adversaire. Soit qu’il tombe en voulant rattraper la balle, soit simplement qu’il perde la partie.
Revenons à nos moutons
Expression que l’on utilise lorsqu’on souhaite ramener au vif du sujet une conversation qui s’égare. L’expression est empruntée à la Farce de Maître Pathelin, une comédie du XVe siècle qui connut un très grand succès.
Rompre une lance
Dans les tournois médiévaux, les combattants s’affrontaient à la lance, chacun cherchant à désarçonner son adversaire. Celui qui résistait au choc et brisait contre son écu la lance ennemie marquait un point. Rompre une lance (on dit aussi rompre des lances) avec quelqu’un signifie donc lutter contre lui, l’affronter dans une joute (encore un mot du Moyen Age!), de nos jours souvent purement oratoire.
Revenons la paille
Rompre un marché, un accord, se brouiller avec quelqu’un. L’expression est issue du droit féodal et rappelle une coutume très ancienne. Quand un suzerain cédait une terre, ou que quelqu’un vendait un bien quelconque, le vassal ou l’acheteur recevait un fétu de paille en signe de l’accord conclu. La rupture du gage symbolisait celle de l’accord, et le mécontent rompait alors la paille comme il déchire aujourd’hui le contrat.
Ronger son frein
Ronger son mors, comme le fait un cheval impatient que l’on force au repos. L’expression, qui date du XIVe siècle, a sans doute été comprise aussi longtemps que le cheval a joué un rôle important dans la vie quotidienne. Puis, le mot mors ayant supplanté le mot frein dans l’usage courant, on ne perçut plus de l’expression que son sens figuré. Sens qui assimile curieusement l’homme au cheval: ronger son frein, c’est réprimer le dépit que l’on éprouve, contenir avec peine son impatience.
Roue de fortune
Symbole de la destinée humaine, on représentait en effet la Fortune sous les traits d’une déesse actionnant une roue. Tout en haut de la roue, siègent les rois et les puissants du jour. Tout en bas, les mendiants sont précipités dans le vide. Entre, ceux à qui le destin est favorable s’élèvent peu à peu, tandis que de l’autre côté tombent les malchanceux en disgrâce. Cette image figure très souvent dans les enluminures des manuscrits. Beaucoup de chansons médiévales y font allusion. L’expression «la roue tourne» fait allusion aux vicissitudes de la vie et aux échecs qui suivent parfois les grands succès. C’est d’ailleurs le nom d’une association destinée à venir en aide aux artistes oubliés du public.
Sans aveu
Se dit d’un homme sans moralité. Le mot aveu vient du droit féodal, où il désigne la reconnaissance d’une vassalité. Pendant la cérémonie de l’hommage, le vassal prêtait serment de fidélité à son suzerain. Peu après, il déclarait par écrit quels biens et quels fiefs il avait reçus. L’aveu scellait donc l’alliance entre les deux seigneurs. Or, un individu sans aveu n’est reconnu par personne. On peut l’imaginer en dehors de toutes les règles, sociales et morales, capable de tout. A utiliser si l’on veut traiter quelqu’un de crapule en des termes choisis!
Sentir le fagot
Jadis, les hérétiques ou ceux qu’on soupçonnait de sorcellerie étaient brûlés vifs. Sentir le fagot signifie donc être promis au bûcher pour des actions ou des opinions contraires à la doctrine de l’Église. Aujourd’hui, le parfum du fagot ne flotte plus qu’autour de ceux qui inspirent une certaine méfiance. A moins que cela ne sente vraiment très fort le roussi…
Taillable et corvéable à merci
Au Moyen Âge, la condition des serfs était très dure. Les charges qui pesaient sur eux, quoique variables selon le siècle, la région et le seigneur, étaient le plus souvent lourdes. Parmi elles figuraient la taille, impôt exigé par le seigneur, et les corvées, travaux que les serfs réquisitionnés devaient effectuer gratuitement pour le compte de leur maître. Aujourd’hui, on dit de quelqu’un qu’il est taillable et corvéable à merci si, comme le serf du Moyen Âge, il est sans recours bon pour toutes les corvées.
Tenir le haut du pavé
Occuper une place de choix dans la société. Jadis, il n’y avait pas de trottoirs et les rues étaient légèrement en pente pour que les eaux sales puissent s’écouler au milieu. Les passants qui marchaient près de ce ruisseau risquaient toujours de se salir ou d’être éclaboussés jusqu’aux mollets. C’est pourquoi on laissait par politesse la meilleure place, le long des maisons, aux personnes de qualité. Le privilège n’était pas négligeable car, jusqu’à la fin du XIXe siècle, toute promenade en ville, surtout par temps de pluie, tournait à l’expédition.
Tomber à quenouille
Au Moyen Âge, les femmes n’étaient pas exclues de la propriété. Elles pouvaient en particulier hériter de biens, mais elles se contentaient le plus souvent de les transmettre à leur époux sans les gérer elles-mêmes. Le suzerain se réservait même jalousement le droit de marier à son gré les héritières de ses vassaux, quand elles étaient orphelines. Il était donc assez rare qu’une femme puisse rester indépendante et s’occuper elle-même des biens dont elle avait hérité et que l’on disait «tombés en quenouille». La quenouille, qui servait à filer, étant l’instrument féminin par excellence. Et comme les femmes passaient pour être de piètres gestionnaires, «tomber en quenouille» ne tarda pas à signifier «tomber à l’abandon, cesser d’être utilisé».
Travail de Bénédictin
Cette expression, qui désigne un énorme travail intellectuel, fait référence aux gros ouvrages d’érudition écrits par les moines bénédictins de Saint-Maur au… XIXe siècle. On pense immédiatement aux moines du Moyen Âge qui ont pendant des siècles, dans l’endroit des monastères appelé «scriptorium», recopié et enluminé tant de manuscrits. Ils étaient eux aussi bénédictins (on les appelait souvent moines noirs, de la couleur de leur robe) et leur travail a permis aux grandes oeuvres de l’Antiquité de parvenir jusqu’à nous.
Travail au noir
Au Moyen Âge, les associations de métier réglementaient le travail en exigeant qu’il ne soit effectué qu’à la lumière du jour. Or, certains maîtres, pour augmenter le rendement de leurs ouvriers, les faisaient travailler à la chandelle, une fois la nuit tombée, ce qui était interdit par les règles. D’où l’expression «travailler au noir» pour signifier travailler de façon illicite.
Un Vilain
A l’époque médiévale un vilain désigne toute personne qui habite une «villa» (une ferme). Le vilain est un paysan, que les nobles et les clercs imaginent aussi laid physiquement que moralement, capable de toutes les «vilenies». En langue française, vilain peut donc se traduire en français moderne par «paysan». Mais avec le temps on en est venu à l’associer à un «rustre» ou un «ignoble individu». .

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12 mars 2020

JEMA Journées des Métiers d'Art

ASGARD COSTUMES vous ouvre ses portes à l'occasion des JEMA ( Journées des Métiers d'Art), les 4 et 5 avril à Vauréal ( Cour des Arts, 8 rue Nationale 95490 Vauréal).
Vous pourrez échanger avec moi autour d'une tasse de thé ou d'un verre d'hypocras, voir et essayer les costumes et les accessoires, le tout dans la joie et la bonne humeur !

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Annulation de la médiévale d'Epieds

En raisin du Coronavirus, les Médiévales d'Epieds qui auraient dû avoir lieu en plein air les 4 et 5 avril sont annulées... Par contre, on peut toujours aller faire ses courses dans les hypermarchés ( bondés par ailleurs tout comme les centres commerciaux)... encore une mesure qui touche les toutes petites entreprises artisanales... Oui, faut bien qu'on bouffe, nous aussi ! Et aucune mesure prise de la part de notre "gouvernement" pour nous aider financièrement... Ah si ! On nous propose d'échelonner nos cotisations... c'est certain, ça va nous aider... Je suis désolée, il fallait que je le dise... Quand à moi, je suis toujours ouverte à vos commandes, délais toujours respectés ! https://www.etsy.com/fr/shop/ASGARDCOSTUMES

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